Vos lectures du moment

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Re: Vos lectures du moment

Messagede Aveuh » 05 Aoû 2009 13:19

Si tu aime les surprises, évite Asimov. Enfin non, ce ne serait pas lui rendre gloire, mais honnêtement j'ai lu beaucoup d'Asimov pendant ma jeunesse et le jour où j'ai découvert des mecs comme K. Dick ... Ben ... Vache ... On se rend compte qu'Asimov à fait trop de vulgarisation et que du coup son style s'en ressent, c'est très "gamin" comme façon d'écrire.

Fondation, faut s'arrêter au premier cycle, qui est génial. La suite finit (comme toute bonne série à rallonge) par devenir chiante et inutile. Sinon d'Asimov, je te recommande le cycle des robots, et plus particulièrement les 2 premiers bouquins de nouvelles qui sont géniaux :)
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Messagede Missing Eddie Lee... » 05 Aoû 2009 13:41

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Moi j'ai enfin réussi à "rentrer" dans Le Pendule de Foucault de U. Eco (Le Nom de la Rose, Baudolino - introuvable ce bouquin en ce moment :D ). En gros, c'est 3 personnes qui aiment bien les trucs ésotériques, un est éditeur de livres ésotériques, l'autre expert en Kabbale et le 3e - le narrateur - a écrit une thèse sur les Templiers, et qui décident par pur jeu d'inventer un complot qui mélange tous les mystères de l'Histoire et du présent, des Templiers, aux Francs-maçons, humanistes de la Renaissance, philosophes du XIXe, sages rabbins juifs etc bref, tout y passe ou presque pour ce qui est de l'alchimie et recherche de la connaissance, rites vaudous ou umbanda du Brésil et complot contre le monde qui serait dirigé par des Supérieurs Inconnus. Bon c'est assez érudit et truffé d'allusions à plein d'écrivains ésotériques allant du Moyen Age à nos jours. En gros, Eco se moque surtout de la complexité des choses esotériques et maçonniques.
Pas facile à lire mais c'est pas mal du tout. Je pense que pour ceux qui ont déjà lu du Eco c'est bien mais pour les autres, commencez par Baudolino! :p
Le pendule de Foucault est au Conservatoire des arts et Métiers à Paris si ça vous intéresse. :)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pendule_de_Foucault
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Messagede Staph Beck » 05 Aoû 2009 21:06

il est pas au panthéon ?
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Messagede Aveuh » 05 Aoû 2009 21:11

Il y en a un au Panthéon oui (c.f. l'article Wikipedia)
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Messagede Missing Eddie Lee... » 05 Aoû 2009 21:38

Ben en fait, y en a plusieurs. :) Dans le bouquin ils parlent de celui qui est au Conservatoire des A&M. Spour ça. :) J'irais bien le voir un de ces jours.
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Staph Beck » 05 Aoû 2009 21:39

ah bah voila !! moi j'ai vu celui du pantheon en premiere S, ma premiere virée a paris ^^
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Leck » 09 Aoû 2009 10:48

Aveuh a écrit: et le jour où j'ai découvert des mecs comme K. Dick ... Ben ... Vache ...

Putain je vient de terminer le Maître du Haut Château. Sympa mais sans plus. Par contre Substance Mort est excellentissime.
La distortion, c'est pour les garçons,
Et le Feedback, ça donne la niaque.
Mais les solos ça donne chaud,
Alors les filles se déshabillent.

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Messagede Yoki-kun » 09 Aoû 2009 17:54

je crois pas l'avoir dis, j'ai ré-attaquer les Harry Potter. J'en suis au 5 et on se rend compte en relisant pour la Nème fois que y a pleins de petits détails qui ont leur importance par la suite (que ce soit dans celui là ou les autres).

Et tant que je parle de HP, sans vouloir faire un HS trop important: autant les 2iers films m'ont paru vraiment bon (bien qu'en VF pour n'avoir vu que cette version, ça fait un peu trop par moment), le 3 bien dans l'esprit en s'éloignant un peu du décor des débuts, le 4 qui obscurcit certaines choses (Percy absent, alors qu'on le revoit par la suite, pareil pour Dobby, la Pensine par rapport au Londubat...), le 5 vraiment décevant (le retour de Skeeter ? le Chicaneur? et de rajout inutiles : tous les élèves punis, alors que seul Harry l'est et seulement au début, etc),
quant au 6:
Allons direct au faits, je sais pas si c'est la VF, mais rien que le "Je suis le prince de sang-mêlé" de Rogue, j'avais envie de me réveiller, c'est pas possible tellement ça parait ridicule! Et le film aurait pu porter un autre titre tellement on parle peu du Prince! Sérieusement, combien de temps on en parle? Même pas 10min! (et je suis gentil). Puis d'autres choses. Pourquoi la scène où le Terrier est attaqué? Et l'on voit apparaitre Fenrir Grayback, mais bon dieu, on en sait pas plus! et encore, il faut avoir lu le livre pour savoir qui il est vraiment et par rapport au seul choses que l'on voit/entend dans le film (pour qlqu'un qui n'a pas lu), la seule chose qui permet de savoir son nom est une affiche que l'on voit 4-5 secondes. Et là c'est un détail, mais j'ai tant attendu d'entre le "Severus, svp" de Dumbledore que j'ai été "o__O" quand j'ai entendu le "aidez-moi". Fin bref, j'en suis sorti très déçu =/
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Aveuh » 27 Aoû 2009 15:12

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Janua Vera - Jean Philippe Jaworsky

Ou comment adapter des scénarios donjons & dragons en roman. Acclamé par la critique (notamme prix du cafard cosmique, l'un des deux plus gros sites sur la SF/fantasy/fantastique en france), plébiscité par les éditeurs (première sortie aux moutons électriques, puis ressorti en poche, les gens s'arrachent l'auteur bref, la folie). Janua Vera est un recueil de nouvelles résolument heroic fantasy comme j'aime moyen. Bon, avouons ce qu'il faut avouer. Jaworsky écrit vraiment super bien, le style est fluide, c'est bien foutu, plein de vieux mots sans tomber dans le piège du lexique incompréhensibles, l'action y est très bien reproduite, et on s'emmerde pas. MAIS ... Ben pour moi c'est du trop classique, du déjà vu et déjà entendu. Sur les huit nouvelles, seules deux me paraissent avoir un sens un peu original ... Le reste étant un ersatz de clichés de l'HF (l'assassin sympathique, le chevalier niaisou mais honnête, le guerrier stupide, etc.). Néanmoins, on arrive à s'attacher aux personnages que Jarwosky décrit dans ses pages. Certains de par leur simplicité en sont même très très bons (comme dans la nouvelle "jour de guigne" où l'on suit un modeste copiste qui subit une malédiction dans le moindre de ses faits et gestes).

Bref ... A lire pour les amateurs parce que le style est vraiment bon ... Et parce que c'est pas une n-ième saga en 30 000 tome d'Heroic Fantasy chiant (c.f. Roue du Temps, Trone de Fer, Assassin Royal, et autres Robin Hobberies).

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Ubik - Philip K. Dick

J'ai mis beaucoup de temps pour me mettre à lire Ubik ... Peut être parce que le seul roman de K. Dick que j'avais lu jusqu'à maintenant c'était Blade Runner et que je m'étais fait chier comme un rat mort. BREF ! Une fois ouvert ... Ben ... Putain quand même K Dick ... Quel génie ce mec. Fantastique. Un putain de chef d'oeuvre. Petit synopsys : En 1992, dans le futur de K. Dick (mort en 82 pour ceux pas au courant), des mutations ont permis à certains humains d'acquérir des pouvoirs psychiques. On dénote parmi eux des télépathes, des télékynésistes, des précogs (deviner le futur), etc. Seulement voilà ... Certaines personnes utilisent leurs pouvoirs à mauvais escient, notamment un certain Hollis à la tête d'une ligue de mutants espionnant les bonnes gens. Heureusement que les bonnes gens sont défendues par diverses sociétés employant des mutants ayant comme pouvoir ... de bloquer le pouvoir des autres. Glen Runciter est le big boss de l'une de ces compagnies. Contacté pour un gros contrat permettant d'arrêter un nombre important de ces mutants, il part avec son équipe sur la lune. Malheureusement l'expédition tournera au drame et il se fera tuer dans un piège tendu par le fameux Hollis. Joe Chip, son bras droit tente alors de prendre le commandement de la boîte pour retourner la situation ... Mais petit à petit la réalité va "vaciller" et il se mettra à entendre Runciter lui parler ...

Bon ... Ubik c'est difficile à résumer en un paragraphe. Tout le génie de l'oeuvre se trouve dans cette petite question "Mais bordel ! Qui est mort et qui est vivant ?" ... Et cette question va se poser du moment de l'explosion, jusqu'au 3 dernières pages du bouquin (grosso modo :P). Du grand Philip K. Dick où comme à son habitude il se met à faire des jeux de miroir avec la réalité. Génialissime. A lire absolument pour ceux qui n'ont pas peur d'être perdus.

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Eternel - Sylvain Estibal

Je paraphrase la critique que j'ai fait du bouquin sur un autre forum :

Intéressant petit roman sorti cette année et publié chez ActeSud. Je ne connaissais ni le livre, ni l'auteur mais j'ai pris le bouquin pour la couverture et parce qu'il était publié chez ActeSud et qu'il font des jolis livres :P

Bonne surprise. La trame générale se situe à mi-chemin entre Armaggedon (vous savez, la daube avec Bruce Willis et Ben Affleck) et Des Hommes d'Influence (ce chef d'oeuvre avec Robert De Niro et Dustin Hoffman). Très rapidement : En 2043, alors que l'humanité est tournée vers le lancement prochain d'une expédition habitée sur Mars, nous suivons deux histoires en parallèles s'entrecoupant.

La première est celle d'une mission de spationautes marginaux envoyés en dernier recours effectuer une dernière mission sur la lune pour larguer un serveur gigantesque supposé receler la somme des connaissances de l'humanité. La mission sera perturbée par une activité solaire non-prévue, coupant les communication et forçant l'équipe à larguer le serveur "manuellement". L'opération ne pouvant être réalisée que par une seule personne, et comprenant les enjeux "politiques" de la réussite du largage, l'équipe va alors s'entre-déchirer pour savoir qui aura le prestige d'effectuer l'opération, et remonter ainsi sur le devant de la scène "politique-astronomique" en devenant le héro de l'expédition.

La seconde histoire est celle d'un politicien sur le déclin. Président d'une nation dont on ne sait pas grand chose si ce n'est qu'elle eut ses jours de gloire. Alors que plus personne ne croit vraiment en lui, la nouvelle se propage qu'un météore gigantesque se prépare à entrer en collision avec la Terre ... Ou alors passer très près d'elle. Il va alors tenter un énorme coup de communication pour redorer son blason en faisant passer les membres de la mission lunaire pour les héros qui auront réussi à dévier le météore de sa trajectoire. Bien entendu ces derniers ne feront rien, et ne seront même pas au courant de leurs "actes héroïques" puisque les communications seront coupées.

Bon, je suis vraiment pas doué pour résumer des bouquins. Le livre étudie deux problèmes intéressants :

1- La survie isolée dans l'espace. L'europe à récemment entamé une expérience visant à isoler un certain nombre de cobayes un certain nombre de temps, dans des conditions "proches d'une mission spatiale". Parce que voyager sur Mars, c'est se taper 6 mois de confinement dans une boîte de conserve avec 5 autres personnes. Le roman étudie cet aspect au travers de la "tempête solaire" qui isole les spationnautes. On leur laisse une décision à prendre : "qui va effectuer l'opération prestigieuse ?", et on observe (nous lecteur) ce qui se passe. Le tout me semble PRESQUE plausible (bien sur l'action à été un peu renforcée pour le bien de la narration :P).

2- Comment fabriquer des héros. Ou comment un président va détourner l'attention de la foule (d'où ma référence un peu plus haut à "Des Hommes d'Influence") pour redorer son image d'homme politique. Le point intéressant c'est que là où la plupart des "auteurs/scénaristes/réalisateurs" décident d'envoyer des héros pour sauver le monde, ici les héros sont entièrement fabriqués, n'ont absolument rien fait pour "sauver le monde" et ne sont même pas au courant qu'ils le sauvent. Le tout est aussi je pense une petite allusion aux missions lunaires et à ce journaliste qui traque Buzz Aldrin pour lui faire dire que le premier pas sur la lune a été filmé en studio ... Enfin du moins c'est à ça que ça me fait penser.

Bref ! Au niveau du style ça se lit bien. On alterne les chapitres "président", écrits à la première personne en italique et les chapitres "équipage", écrits à la troisième personne. Le livre est relativement court et bien mené. Il n'y a pas de temps morts, et la fin est plutôt bien trouvée.

A lire pour les amateurs de SF tranquille. Pas un chef d'oeuvre, mais plutôt bien foutu quand même :)
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Mihawk » 10 Sep 2009 19:18

Philip K. Dick c'est mon Dieu!!

Sinon moi recemment je me suis mis a une série (en anglais) de Richelle Mead. Le premier tome s'appelle Succubus Blues et raconte (grosso merdo hein) l'histoire de Georgina Kincaid, succube de son etat, ayant vendu son ame quelques deux mille ans auparavant. Ca se passe a notre epoque, c'est assez bien ecrit et evidemment, il y a plusieurs scenes osées (disons meme crues...)

Enfin bon, c'est sympa, ca se lit bien et on prend le suivant avec plaisir.
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Messagede Koma » 12 Déc 2009 15:35

Albert Londres - Au bagne (1923)

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En 1923, Albert Londres est déjà célèbre quand il décide d'enquêter sur le pénitencier de Guyane. Près de sept mille condamnés, surveillés par six cents fonctionnaires, vivent à Saint-Laurent-du-Maroni et sur les îles du Salut. Les conditions de vie des bagnards, telles qu'il les découvre et telles que son talent les restitue dans leur cruauté, ne sont abois guère connues.

La publication de l'enquête dans le Petit Parisien s'achève par une lettre ouverte au ministre des Colonies. Ce reportage connaît d'emblée un retentissement considérable, et sa tétine sera si grande qu'en septembre 1924 le gouvernement décidera la suppression du bagne.


Ambiance surréaliste et absurde de cette institution crée au début pour peupler la Guyane et devenue trés vite un executioir tacite. Ce grand roman de journaliste dans la lignée de J'accuse de Zola est un réquisitoire sans complaisance (et non sans dérision et humour, "je demande au gouvernement de changer le nom des îles du Salut, la loi nous autorise à couper la tête des criminels et pas de nous la payer") de cette institution.
Un très bon bouquin, très facile à lire à condition d'avoir un dico pour les quelques expressions de vieux français.

Le style est très brut, haché et retranscri à l'instant, mais fait découvrir un pan de l'histoire qu'on ne soupçonnait pas tel quel à l'époque. Londres se contente de décrire et ne prend pas réflexion durant son investigation mais son engagement se confirme au fur et à mesure de son avancée dans cet "enfer désolé" qu'est la Guyane que les Français essaient de coloniser sans moyens avec le recours au bagnards, condamnés à y vivre une fois leur peine terminée, dans des conditions catastrophiques qui font passer le bagne lui même pour un hotel de luxe.

Tom Wolfe - Le bûcher des vanités (1987)

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Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes...

Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.


Plus difficile à lire que Acid Test, c'est néanmoins une pierre angulaire du nouveau journalisme, et un livre qui retranscrit avec force et détails la décadence des années 80 et la folie gargantuesque de New York, à la fois celle des finances et de la mégalomanie du matérialisme ambiant d'époque, du système broyeur qui n'épargne personne et finit par se retourner même contre ceux qui se sentent du bon coté de la barrière, et celle d'une époque de tensions raciales et sociales qui s'échauffent de plus en plus (les secondes émeutes de Watts arrivent à grand pas).

Un portrait cruel au style jubilatoire du microcosme upper-class new-yorkais des années 80 qui ont vu l'avènement de cette nouvelle espèce de squale, les yuppies - que Breat Easton Ellis décrit aussi dans American Psycho - , l'idée de Wolfe est de présenter objectivement la réalité économique et sociale. Ici, pas de bons sentiments, mais des luttes d'intérêt et de pouvoir, où l'instrumentalisation du débat de l'égalité devant la justice sert les intérêts politiques et financiers de chacun. Il y en a un qui va prendre plus cher que les autres évidemment, et le bouc émissaire va servir la colère anti-blanche des minorités au profit des politiciens blancs eux même... Le Bûcher des vanités c'est un peu la bible satirique des temps modernes. Munie d'une plume cynique, Wolfe entreprent le portrait de la plus célèbre des villes du monde dans une histoire sans bons ni méchants, juste des engrenages.

Lucien Bodard - Monsieur le consul (1973)

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Au fin fond d'une Chine médiévale, faite de misère et de famine, de fastes et de mendicité est né Lucien Bodard, fils d'Albert, dans les années 20. Son père, consul de France à Tcheng Tu, capitale du Sseu Tchouan, règne sur une armée de serviteurs inquiétants.

Son dessein ? Construire une ligne de chemin de fer reliant Tcheng Tu à Hanoi. Mais il doit manoeuvrer face aux différentes embûches quotidiennes... Tandis que sa femme et son fils vivent une vie sans heurt dans cet univers de colons.


Un livre passionnant ! Bodard a vraiment une plume géniale, qui par ses nombreuses métaphores soutenues transforment son enfance en une aventure pour le lecteur, on plonge dans le bouillonnement de la Chine féodaliste et de ses cités-êtres vivants, où les seigneurs de guerres s'entretuent pour la mainmise du pouvoir et où les pauvres crèvent à même le pavé des rues en nombre incalculables.

Des jardins des ambassades et des chateaux aux coupe gorges et aux théatres enfumés, Bodard donne vie à une ville grouillantes de vies informes et suitant la merde, la pourriture et les parfums capiteux des boutiques et étals variés. Il n'y a pas d'intrigue véritable, mais on s'immerge fasciné à chaque exploration de la cité par Lucien et sa servante. Un véritable tour de force narratif que ce roman qui met en images une histoire d'époque de la Chine et des rapports coloniaux européens à cette dernière.

Joseph Kessel - Les cavaliers (1967)

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De Kaboul aux grandes steppes, le voyage à travers l'Afghanistan ancestral et majestueux est un véritable carnet de route enivrant et multicolore. Pourtant, au creux de ces étonnants paysages, se déroulent de sombres drames.

Pour Ouroz, le splendide tchopendoz, le cavalier légendaire, ce sera l'apprentissage de la défaite, de la souffrance et de la haine. Fils du grand Toursène, c'est vers son père qu'Ouroz revient vaincu et honteux, mais plus fou, plus déterminé et plus orgueilleux encore. Mokkhi, le bon sais, fera quant à lui la rencontre de l'amour dans les bras de Zéré, mais avec elle, il connaîtra aussi l'avidité, la cupidité, le goût du meurtre, puis la déchéance et le mépris.

Sur cette route interminable dont l'aridité assèche le coeur de ceux qui l'empruntent, ils affronteront le pire d'eux-mêmes et reviendront pervertis et perdus... pour quelle gloire ? Guardi Guedj, celui que l'on nomme "l'aïeul de tout le monde" détient une part de réponse : simplement parce que les hommes furent jetés sur la Terre pour accomplir leur destin.


Très beau voyage culturel en Afghanistan que ce bouquin, mais le style est très lourd à suivre tant les détails géographiques, sociao-culturels et descriptifs abondent dans une plume purement romanesque. Souffle épique, magnificence des paysages, violence de la nature et des hommes, raffinement et dureté des peuples, sentiments dans ce qu ils ont de plus vil ou de plus noble...

Kessel utilise la langue française la plus soutenue pour exprimer la beauté des paysages, des formes et couleurs, et leur rudesse, pour un hommage à un pays, la variété de ses populations et à sa richesse culturelle, à découvrir dans une époque où on ne présente ce pays que par la guerre, les combats, les talibans, la destruction des bouddhas de Bamiyan, la répression intégriste et le sort fait aux femmes, alors qu'il est aussi le berceau d'une grande richesse et de paysages magiques. Le roman est très dense, par son écriture, par les paysages décrits, par toute la psychologie contenue dans les personnages et les liens qui les unissent, par la métamorphose des héros, une transformation très réussie et effrayante parfois. A la fois simple et complexe, riche et dépouillé, Les cavaliers est un roman qui marque, mais qui nécessite de s'accrocher à la lecture et au style épique et romanesque de son auteur.
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Nours » 07 Jan 2010 22:03

Le guérisseur de cathédrales - Philip K. Dick


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J'avais absolument jamais entendu parler de ce bouquin avant que Julia ne me l'offre à Noel. Sur le chemin du retour, vu que 3h30 de train c'est long et que je n'avais pas très sommeil, j'ouvre donc le mystérieux ouvrage, écrit de la main de mon auteur préféré.

Première chose qui me frappe dès l'ouverture du bouquin : Une préface. J'avais pas le souvenir d'en avoir vu une dans les autres romans. Dans la préface, quelques informations intéressantes me parviennent. En gros, l'auteur de la préface est un gros fan de ce bouquin. Il y raconte que ce livre a été très mal accueilli lors, aussi bien de sa sortie aux Etats Unis, qu'en France, Dick s'est pris un véritable tollé de la part de la presse internationale. Parce qu'ils pensent (ils sont deux si j'ai bien compris) que ce livre a été incompris du public, ils décident de retraduire l'ouvrage et de le rééditer (version pocket). Bon ils sortent tout un tas d'arguments pour défendre la qualité du livre (ils vont pas dire le contraire d'un côté, j'ai rarement vu une prépace où ya écrit : "t'as acheté de la merde"), et en cours de lecture, un paragraphe me pique profondément les yeux pour atteindre ma cornée et l'endommager à vie. Il était dis en gros : "Ce livre est pour nous l'une des pièces maîtresses de l'oeuvre de K.Dick, au même titre que le maître du haut chateau [le prochain que je compte lire] et que le dieu venu du centaure, lui aussi incompris au moment de sa sortie." Avant le guérisseurs de cathédrales, je ne l'ai que 3 autres romans de Dick (en plus des nouvelles qui sont presque toutes excellents), à savoir Blade Runner, Ubik et Le dieu venu du centaure. Les deux premiers sont excellents à mon goût (Ubik est considéré comme LE chef d'oeuvre de l'auteur), mais la lecture du dieu venu du centaure m'a profondément ennuyé. C'était un livre chiant, où dick se laisse trop aller à du n'importe quoi, des discours métaphysiques compliqués qui n'apportent rien à profusion et une trame narrative tirée par les cheveux. Après avoir consulté des critiques sur le net, je m'aperçois en gros, que les gens sont du même avis. Qualifié ce bouquin de chef d'oeuvre ne m'a pas du tout rassuré.

Puis le paragraphe suivant fini par me rendre définitivement aveugle, en gros il disait : "Nous le trouvons bien supérieur à Ubik qui n'est en réalité qu'une science fiction de base avec un récit extrêmement linéaire".
Une telle connerie ne peut s'expliquer que par le fait qu'ils sont dégouter de ne pas avoir eu les droits de ce titre. Non parce que rabaissé autant Ubik, ça m'a fait vraiment mal.

Je commence donc la lecture en étant très peu rassuré. En gros, l'histoire raconte la vie d'un homme, Joe Fernwright, spécialisé dans la restauration de poteries (le terme qu'il utilise est "guérir"). Il vit dans notre monde futur, un monde sans intérêt et qui tombe en miette. Tout les jours, il se rend à son atelier pour travailler, mais il y a bien des années que plus une seule poterie à restaurer ne lui parvient. Au bout du rouleau, n'arrivant plus à donner un sens à sa vie, voilà qu'il reçoit des messages d'un mystérieux inconnu qui réclame ses services en lui assurant qu'il sera grassement rémunéré. Cet inconnu répond au nom de Glin...Glim...Glimmung je crois. C'est une sorte d'entité géante, une quasi divinité, qui réunit tout une troupe d'experts dans différents domaines pour libérer des eaux une immense cathédrale sur sa planète, nommé Heldscalla. Joe part alors avec la troupe en question sur la planète du Laboureur pour commencer à travailler. Mais certaines questions se posent à lui. Qui est et que veux vraiment Glimmung ? Quelle est cette mystérieuse cathédrale ? Et surtout, quels mystères entourent le seul et unique livre de la planète du Laboureur, composé de multiples bouts de paragraphes écrits dans plusieurs dialectes et qui semblent tous être une clef pour connaître le futur ?

En fait je sais pas trop quoi penser de ce bouquin. La première partie que j'ai lu dans le train (quand il est sur Terre), m'a semblé lourde et pas intéressante. C'est sur que c'est un peu long à décoller mais ya des idées dedans quand même très intéressantes. Pendant tout le bouquin j'arrêtais pas de me dire que ça pourrait donner un bon film si on épurait toutes les réflexions phylosophiques chiantes toutes les deux lignes. La partie sur la planète du laboureur m'a beaucoup plus intéréssé, passionné même, mais alors la fin...je l'ai relue trois fois et je comprend vraiment pas l'allusion que fait Dick. Le problème de ce bouquin, comme celui du Dieu venu du centaure, c'est que la lecture est très lourde et pénible. C'est bourré de métaphysique très complexe qui ne veulent rien dire à part pour l'auteur lui même. Il faut vraiment s'accrocher, on retrouve pas du tout le plaisir de lire qu'on a en lisant une nouvelle ou Ubik. Et puis la fin...et ya des trucs du bouquin qui restent pas explicables, j'ai beau les retourner dans tout les sens, je vois pas la clef. ça fait très Evangelion par moments.

Si malgré cette série de défauts, mais aussi ses qualités certaines, quelqu'un est amené un jour à le lire, qu'il me le dise, on en discuteras parce que j'suis frustré :)
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Mihawk » 07 Jan 2010 22:47

je l'ai lu il y a déjà quelques années... j'en garde également le souvenir d'un des (rares) bouquins chiants de Dick...

je suis assez d'accord avec ce que tu en penses en fait :)
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Re: Vos lectures du moment

Messagede Aveuh » 08 Jan 2010 00:02

Dieu venu du centaure est considéré comme une des sous merdes de K.Dick quand même. Et dire qu'Ubik c'est de la S.F. de base extrêmement linéaire c'est :

1- Pas avoir compris le bouquin :P
2- Oublier que "ouais le sujet à déjà été traité plein de fois ... mais c'était le premier et le meilleur donc STFU".

Bref. Le maître du haut chateau j'ai abandonné assez vite. Je l'ai trouvé passablement chiant. D'un autre côté j'ai trouvé Blade Runner chiant, donc je suis peut être pas la meilleure référence en ce qui concerne les romans du bonhomme (faudrait que je m'attaque à Substance Mort un jour ...).
We pretend it's personality
But it's really sexuality
We put faith in love and honesty
But the stuff that makes our history and sets us free is curiosity


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Re: Vos lectures du moment

Messagede Nours » 08 Jan 2010 00:44

Substance mort y parait qu'il est très bien, il a écrit le bouquin après son séjour en clinique de désintox. Tu feras une review si tu le lis prochainement :)
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Nours
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